Un peu d’histoire

L’Iran d’aujourd’hui est l’héritier de l’ancienne Perse mentionnée dans plusieurs livres bibliques. Le christianisme des premiers siècles s’est répandu très rapidement en Syrie, en Mésopotamie et en Perse au-delà des frontières orientales de l’empire romain. Les communautés chrétiennes de ces régions se sont principalement exprimées dans une langue sémitique héritière de l’araméen : le syriaque.

Ce christianisme de langue et de culture syriaque va connaître une histoire exceptionnelle notamment du 2e au 13e siècle et se développa jusqu’en Inde et en Chine. En raison des aléas historiques et des divisons sur des points de doctrines, plusieurs Églises de langue syriaques virent le jour et existent toujours aujourd’hui au Proche-Orient ainsi qu’en diaspora dans plusieurs pays occidentaux.

A l’est du Tigre se développa « l’Église de l’Est » dite aussi « l’Église de Perse » et qui fut souvent qualifiée de « nestorienne » dans le contexte des désaccords doctrinaux avec les autres Églises.

A l’époque moderne l’appellation courante de cette Église orientale autrefois présente principalement en Turquie, en Syrie, en Irak et en Iran devint « l’Église Assyrienne ». La branche de cette Église qui s’est rattachée à l’Église catholique romaine est dénommée « chaldéenne ».

La langue syriaque et des traditions religieuses proches sont constitutifs de l’identité des « Assyro-chaldéens » et les distinguent ainsi d’autres populations. Ils ont par ailleurs été également victimes du génocide perpétré en 1915 par l’Empire ottoman contre ses populations chrétiennes.

Pour en savoir davantage sur l’histoire et la diversité du christianisme syriaque nous vous recommandons les ouvrages du professeur Joseph Yacoub et de son épouse Claire Weibel Yacoub (par exemple « Le Moyen-Orient syriaque, la face méconnue des Chrétiens d’Orient, Salvator, 2019).

A côté de ce christianisme assyrien présent dans quelques régions de l’Iran moderne, une autre tradition chrétienne, de langue et de culture arménienne, y existe depuis des siècles. L’Arménie fut en effet souvent un enjeu de conflit entre les Empires ottoman et perse, ce qui entraîna des déplacements de population comme au début du 17e siècle ou après le génocide de 1915.

Le protestantisme en Iran

Au 19′ siècle l’Iran est un champ de mission pour catholiques, orthodoxes russes et protestants (notamment des américains de tradition presbytérienne). Des Arméniens et des Assyriens choisissent de devenir protestants. Des musulmans se convertissent également. Avec le temps les communautés s’organisent et sous l’impulsion des américains le Synode Évangélique d’Iran voit le jour (le terme d’évangélique renvoie au protestantisme réformé dans ce contexte).

Le Synode d’Iran regroupe les différentes communautés issues de la mission presbytérienne même si elles gardent leurs propres spécificités culturelles avec des cultes et rencontres en arménien, assyrien ou farsi (le persan) selon les lieux et les personnes.

Il y a plusieurs paroisses et lieux d’Église à Téhéran, la capitale, et dans plusieurs villes du Nord-Ouest du pays, par exemple à Ourmia. D’autres communautés situées dans de grandes villes, comme à Machhad, se sont quasiment éteintes suite à l’exil de nombreux chrétiens.

Le Synode a son siège à Téhéran. Il est un des 6 partenaires de l’ACO Fellowship, notre communauté internationales d’Eglises et de partenaires missionnaires ; il est membre du Conseil œcuménique des Églises, du Conseil des Églises du Moyen-Orient ainsi que de la Communion des Églises Évangéliques du Moyen Orient (Fellowship of Middle East Evangelical Churches / FMEEC)

A la sortie du culte

La situation religieuse

Depuis 1979 l’Iran est connu pour son régime politico-religieux où les institutions républicaines sont placées sous le contrôle d’une théocratie musulmane chiite. A côté de cet islam officiel certaines minorités religieuses, notamment chrétiennes, sont reconnues tout en étant sévèrement encadrées alors que d’autres religions ou mouvements religieux sont tout à fait interdits.

Le Synode d’Iran, en tant qu’institution légale, n’est plus reconnu depuis le milieu des années 2010, mais les communautés protestantes qui le composent sont encore tolérées. Tout témoignage de foi est cependant interdit envers des non-chrétiens et l’accusation de prosélytisme mène en prison. Les cultes en farsi (persan) sont interdits depuis 2014 et il y a de fortes pressions pour isoler les différentes communautés du Synode et les diviser. Le dernier pasteur responsable du Synode a dû quitter le pays : il était menacé de 14 années de prison.

Il est important de mentionner que d’autres Églises évangéliques et protestantes, de langue perse, ainsi que des « groupes de maisons » sont persécutés par l’État iranien, alors qu’il y aurait un nombre important de personnes qui se convertiraient clandestinement. Il existe en effet de nombreux programmes d’évangélisation organisés depuis l’étranger et qui sont transmis par le biais des chaînes télévisées, de radios, d’internet. Par ailleurs le caractère obligé du « chiisme d’État » éloigne une part non négligeable de la population de l’Islam officiel et ouvre un intérêt pour d’autres spiritualités, notamment pour le protestantisme. Une part non négligeable d’iraniens immigrés en Europe se convertissent au protestantisme, notamment en Allemagne.

Il est intéressant de notre que les personnes de culture arménienne et assyro-chaldéenne sont reconnues par l’Etat comme des minorités ethniques disposant de quelques députés au Parlement. Les Églises de rite oriental, arménienne et assyrienne, ont de fait une meilleure reconnaissance officielle tout en étant cantonnées à un cadre rigide (office en langue liturgique, interdiction d’évangéliser…).

La vie du Synode d’Iran

A côté de la situation religieuse qui les placent dans un cadre de minorité étroitement surveillée, les communautés protestantes partagent les épreuves subies par l’ensemble de leurs concitoyens, par le passé (guerre Iran-Irak dans les années 80, répression policière du régime), comme aujourd’hui où les sanctions internationales et les tensions avec les USA mettent à bas l’économie. Celle-ci s’est encore dégradée au point de déclencher une immense contestation en janvier 2026, réprimée dans le sang. La guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, en juin 2025 et en 2026, ont eu des conséquences dévastatrices : destructions importantes, durcissement du régime, nouvelle aggravation de la crise économique et sociale.

Malgré ces difficultés, les paroisses du Synode sont actives : cultes, école du dimanche, catéchisme, groupe de jeunes, groupe de femmes, animation musicale, action diaconale, formation théologique, manifestations culturelles. Les paroisses protestantes arméniennes de Téhéran gèrent également une école, ce qui leur permet aussi de transmettre leur culture.

L’ACO soutient cette vie paroissiale et communautaire : pour en savoir davantage il est possible de nous inviter pour une animation missionnaire lors d’un culte ou d’une rencontre d’Eglise.

L’ACO est également en lien avec le SECID (The Synod of Evangelical Church of Iran in Diaspora) qui représente la voix du Synode d’Iran à l’extérieur du pays.

Enfin, nous soutenons le ministère du pasteur Sargez Benyamin, qui a du fuir l’Iran en 2014. Il est aujourd’hui pasteur à Fürth, près de Nuremberg en Allemagne, où il a réussit à fidéliser ne communauté composée d’Iraniens convertis à la foi en Jésus-Christ.

Voici quelques photos de cette communauté.