Au sommaire : un rappel sur la ferme de la Tente des Nations, des nouvelles du mois de mars 2026 et une méditation de Pâques partagée par Daoud Nassar pour les membres de l’UEPAL et de l’ACO.
Rappel :
La famille Nassar est une famille chrétienne palestinienne qui possède légalement, depuis 1916, une ferme appelée « La Tente des Nations », située au sud-ouest de Bethléem (Cisjordanie, Palestine). Face à une réalité difficile et à la menace constante de confiscation de leurs terres, la famille Nassar choisit le courage plutôt que le désespoir, la dignité plutôt que le statut de victime, l’amour plutôt que la haine, et persiste dans son témoignage non violent en faveur de la justice, conformément à cette conviction : «Nous refusons d’être des ennemis ».
Pour faire face aux tentatives de spoliation, aux menaces et aux destructions de l’armée israélienne et des colons environnants, la famille Nassar choisit de résister en persistant à faire valoir ses droits auprès du système judiciaire israélien, en travaillant et faisant fructifier sa terre, et en s’appuyant sur un soutien international (volontaires, soutien d’Eglises et d’associations, travail de plaidoyer).
Des nouvelles récentes (mars 2026) :
Au niveau légal la famille Nassar n’a toujours pas reçu de réponse concernant le réenregistrement de leur terrain. Les retards sans fin semblent destinés à les décourager. Par ailleurs la Cour Suprême a statué que les routes construites illégalement sur le terrain de la ferme doivent être supprimées mais l’audience prévue pour faire appliquer cette décision a été reportée sans explication pour le mois de novembre…
Le nouvel avant-poste (embryon de colonie) situé à côté de la ferme continue de s’étendre. Chaque jour, des engins lourds travaillent juste à côté de la clôture. De nouvelles réalités sont créées et la pression s’intensifie avec le risque à termes de chasser de nombreuses familles de la terre qui les nourrit depuis des générations.
La guerre menée actuellement par l’Etat d’Israël contre l’Iran aggrave la situation dans l’ensemble de la Cisjordanie. Des exactions violentes ont lieu tous les jours, en toute impunité. Les restrictions pour se déplacer sont encore plus importantes avec de nombreuses barrières et check-points fermés. Les colonies s’étendent et de nouveaux avant-postes sont créés. Toute la vie quotidienne et l’exploitation de la ferme sont plus compliqués dans ce contexte difficile. Par ailleurs les Palestiniens de Cisjordanie ne bénéficient pas d’abris anti-missiles ni d’avertissements pour aller se réfugier (le 19 mars 4 femmes palestiniennes ont été tuées près d’Hébron lors de l’interception d’un missile iranien).
Malgré tout la famille Nassar est reconnaissante pour les trois volontaires internationaux qui ont choisi de rester et dont la présence est gage de protection mais aussi source d’encouragement. Daoud Nassar remercie également toutes les personnes qui ont participé à l’opération de plantation d’oliviers et autres arbres fruitiers. Grâce au soutien des membres de l’UEPAL et de donateurs de l’ACO la plantation de plus de 166 arbres a été financé (et des dons continuent d’arriver, cf. la page suivante) !
Méditation de Pâques :
Daoud Nassar, membre de la paroisse luthérienne de Bethléem, nous partage ses convictions de foi en cette période difficile (méditation envoyée le dimanche des Rameaux 30 mars 2026).
Chers amis,
Nous vivons une époque où tout autour de nous semble ébranlé. Le sol sous nos pieds bouge, les certitudes s’estompent, et l’avenir peut paraître fragile et incertain. Nous sommes témoins de souffrances et d’injustices, et nous nous demandons : comment vivre fidèlement en de tels temps ? Faut-il attendre la stabilité avant d’agir, avant d’espérer, avant d’aimer ? Ou bien devons-nous rester fermes dès maintenant, enracinés non pas dans l’incertitude de ce monde, mais dans les promesses inébranlables de Dieu ?
Nous ne sommes pas appelés à attendre dans la peur, mais à vivre dans la foi, confiants que Dieu reste fidèle à ceux qui placent leur espérance en Lui. Tel est le message de Pâques, une puissante déclaration de victoire. Il proclame que la souffrance ne nous définit pas, et que la mort elle-même a été vaincue. Jésus-Christ n’a pas fui la douleur, il s’y est engagé pleinement, portant la croix avec obéissance, avec amour et avec une confiance inébranlable dans le Père. Par son sacrifice et sa résurrection, il a révélé une vérité éternelle : les ténèbres ne peuvent jamais vaincre la lumière, et le mal ne vaincra jamais le bien.
Même lorsque l’espoir semble enseveli sous le poids du monde, nous nous souvenons que les graines poussent dans l’obscurité. Une grande partie du travail d’un arbre se fait dans l’invisible, profondément, sous la terre, avant qu’il ne s’élève et ne porte du fruit. De la même manière, nous sommes appelés à rester fidèles, à aimer quand cela coûte cher, à défendre la justice quand c’est difficile, et à persévérer quand rien ne semble changer. C’est ce genre de foi qui transforme le monde, une foi vivante, active et courageuse qui reflète la lumière du Christ.
À la Tente des Nations, malgré les nombreux défis et incertitudes auxquels nous sommes confrontés, nous restons fermement attachés à cette vocation. Face à l’adversité, nous choisissons la foi plutôt que la peur, l’espoir plutôt que le désespoir, et l’amour plutôt que la haine. Nous refusons de céder à un esprit de défaite. Au contraire, nous nous levons en tant que peuple de Dieu, appelés à être le sel de la terre et la lumière du monde.
Oui, nous sommes dans la peine. Oui, nous sommes frustrés. Oui, nous sommes témoins d’une profonde brisure. Mais nous ne restons pas dans le désespoir. Nous nous levons dans la foi, nous mettons de côté une mentalité de victime et nous embrassons notre vocation à apporter transformation et vie.
Les ténèbres du Vendredi-Saint étaient bien réelles, mais elles n’ont jamais été la fin. Les nuages sombres qui se sont amoncelés ont apporté une pluie qui a nourri la terre, la préparant à une nouvelle vie. Et le troisième jour, la pierre a été roulée, la lumière a percé les ténèbres, et la vie a triomphé de la mort.
Ne nous lassons donc pas de faire le bien, ne perdons pas courage, et ne durcissons pas nos cœurs face à la souffrance. Au contraire, devenons des récipients de l’amour, du courage et de la vérité de Dieu dans un monde qui a désespérément besoin de Sa lumière.
Vivons de Sa résurrection, non seulement en paroles, mais dans nos actions quotidiennes, dans le courage de nous lever et de dire la vérité, dans la volonté d’aimer et dans la détermination de ne pas abandonner. Nous sommes appelés à transformer la vallée des larmes en une source de vie.
Que cette Pâques renforce votre foi, renouvelle votre esprit et vous comble d’une assurance profonde et inébranlable que le Christ a vaincu le monde.
Le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité.
Et avec Lui, notre espérance renaît, forte, inébranlable et vivante.
Avec foi, amour et espérance inébranlable,
Daoud Nassar
Tents des Nations
« People Building Bridges » – « Bâtissons des Ponts » (devise de la Tente des Nations)
Une des grottes de la Tente des Nations transformée en chapelle.