Communiqué de l’Union des Eglises Evangéliques Arméniennes du Proche-Orient. 29 Octobre 2020.

Nous sommes dans une période où l’inquiétude concernant la région du Moyen-Orient et ses alentours ne fait que grandir. En effet, ce qui arriva au peuple arménien le siècle dernier, se représente à nouveau de notre vivant.

En 1915 les arméniens de Turquie ont été victimes d’un plan d’extermination connu dans le monde sous le terme du Génocide arménien. Au jour d’aujourd’hui, la République de Turquie a fermement refusé de reconnaître les actes de ses ancêtres ottomans. C’est un crime contre l’humanité resté impuni depuis plus d’un siècle et cette impunité a permis la répétition de ce crime.

Au début de l’année 1988 un référendum a été tenu dans le Haut-Karabakh (connu sous son nom historique de « Artsakh » par la population arménienne), une région autonome sous l’autorité de la RSS d’Azerbaïdjan depuis les années 1920. Ce référendum demandait à entrer sous l’autorité de la RSS d’Arménie. Cette zone, peuplée d’arméniens depuis des millénaires, avec ses anciennes églises, ses monuments, ses centres culturels et éducatifs et sa population à majorité arménienne, était placée sous l’autorité d’un peuple hostile, ou au mieux indifférent. Le résultat du vote de 1988 était largement pour l’autodétermination mais engendra des attaques, des meurtres et des atrocités perpétrés par les azéris à l’encontre des arméniens. Lorsque l’ancienne République Soviétique devint indépendante après la fin de l’Union Soviétique, le combat se transforma en guerre durant laquelle la République d’Arménie était la bouée de sauvetage du Haut-Karabakh. Un cessez-le-feu fut accepté en 1994 et les négociations pour le statut de la région et de ses habitant commença cette année-là.

Aujourd’hui, l’Azerbaïdjan fortement encouragé par la Turquie, s’en prend au Haut-Karabakh. L’attaque commença le 27 septembre 2020 pour « modifier la situation sur le terrain » d’après les propres mots du président azéri Aliyev. Pour y arriver, la Turquie envoya non seulement du personnel et du matériel militaire, mais aussi des mercenaires venant de différentes zones de conflits du Moyen-Orient afin de se battre contre l’Arménie.

Toute la population arménienne, dans le Haut-Karabakh, en Arménie, et à travers le monde, est unie pour combattre cette agression, alors que la communauté mondiale délibère pour trouver une solution permettant d’apaiser les attaques de l’Azerbaïdjan tout en contrôlant l’engagement et les intentions du président turc Erdogan. L’Arménie et les arméniens, soutenus par quelques nations amicales, se retrouvent esseulés dans les combats de cette guerre contre la terreur. Le prétendu principe d’« intégrité territoriale » est utilisé à mauvais escient. Il n’est pas durable sur le long terme car il est amené sans intégrité historique ni aucun ancrage fait de justice et de paix. Il est utilisé pour justifier le piétinement du principe d’autodétermination puisque les attaques contre les civils arméniens et les infrastructures civiles continuent d’avoir lieu à un rythme soutenu. Le silence et les stratégies politiques conduisent à la mort de milliers de personnes, relancent des rivalités et diminuent les espoirs d’un cessez-le-feu.

L’Union des Eglises Evangéliques Arméniennes du Proche-Orient lance un appel à ses partenaires du monde entier, pour se joindre à elle et à tous les arméniens, dans leur appel pour la justice et la paix, et de s’unir dans la prière au Dieu tout-puissant pour que « la droiture soit comme un courant d’eau, et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit. » (Amos 5:24).

Union des Eglises Evangéliques Arméniennes du Proche-Orient

29 octobre 2020 – Beyrouth, Liban

Traduction ACO

Cathédrale de Ghazantchetsots, Artsakh, après un bombardement le 24 octobre 2020