Deux mois après la double explosion où en sont les Eglises ?

En résumé : les bâtiments sont en bonne voie pour être réparés mais la situation sociale est grave. Vos dons sont toujours les bienvenus (cliquez ici).

  1. L’Union des Eglises Evangéliques Arméniennes du Proche-Orient avait été sévèrement touchée par la catastrophe (cf. notre article du mois d’août).

Grâce à la mobilisation internationale l’Union est rassurée sur le fait que ses bâtiments pourront être remis en état malgré des coûts importants. Dès les premières jours après l’explosion des équipes de bénévoles ont commencé à déblayer et nettoyer. Les dégâts mineurs ont ensuite été réparé et d’autres travaux sont en cours d’achèvement. Cependant, pour certains bâtiments comme l’église et l’école du quartier d’Ashrafieh les travaux sont plus conséquents et touchent à la structure : ils vont devoir durer plusieurs mois.

Si la question des dommages matériels sera résolue avec le temps il en va tout autrement des besoins des familles qui sont durement touchées par la crise financière : l’explosion a encore aggravée leur situation. De plus en plus de personnes connaissent des difficultés pour couvrir leurs besoins courants dans tous les aspects de leur vie quotidienne : soins médicaux, alimentation et habillement, paiement des loyers, dépenses éducatives. Plusieurs dizaines de familles sont directement aidées par l’Union.

L’Union possède 4 écoles de qualité : pour aider les familles il a été décidé de réduire considérablement les frais d’inscriptions et d’aider à l’achat des livres et du matériel scolaire. L’objectif est clairement de soulager le budget des familles et de permettre aux élèves (6-18 ans) de continuer normalement leur scolarité. Le système libanais est ainsi fait que l’école publique est insuffisamment dotée et souvent défectueuse au niveau de la qualité de son enseignement. Les écoles des Eglises, notamment protestantes, accueillent chrétiens et musulmans dans un esprit de coexistence et offrent aux élèves un cursus de qualité dans un enseignement en français ou en anglais.

Alors que la rentrée approche l’Union a besoin d’aide financière pour assurer le fonctionnement de ses écoles (salaires, entretiens…) tout en ne demandant que des frais d’inscriptions symboliques aux familles.

Du côté du travail social et des aides à la vie quotidienne des plus défavorisés, l’Union est active à travers une institution que nous connaissons bien : le SAC (Social Action Committee). Voici un témoignage que nous avons reçu dans le dernier rapport du SAC :

Un jeune couple avec deux enfants, 8 et 5 ans, a beaucoup souffert cette année. Après avoir perdu son emploi en raison de la situation économique, l’épouse, qui était la seule à travailler, a lutté pour joindre les deux bouts avec ses ressources limitées. Malgré ces difficultés le couple a toujours monté un caractère généreux et exemplaire. Ils insistaient toujours qu’ils étaient reconnaissants pour ce qu’ils avaient et mettaient en avant les autres qui avaient des besoins plus importants. Malgré cela le SAC leur a fourni du lait et de l’aide alimentaire durant tout le confinement. Malheureusement le pire est arrivé avec l’explosion. Leur petite fille de 8 ans a souffert de plusieurs blessures suite à la projection de bris de verre. Les docteurs ont considéré que sa survie était un miracle : des éclats se sont retrouvés à 1 mm de l’artère coronaire tout près du cœur. Elle a du subir une opération de 4 heures pour retirer les morceaux les plus dangereux. Elle est depuis sous contrôle et suivi médical constant.

2) De son côté, le Synode Arabe (NESSL), a mobilisé sont ONG « Compassion Protestant Society » (CPS) dès le lendemain de l’explosion pour fournir une aide d’urgence (soins, aide alimentaire, kits d’hygiène pour les sans abris).

Depuis le 15 septembre le projet Beirut Hope (Espérance Beirut) se déploie : il vise à aider 1000 familles à réhabiliter leurs logements et à leur prodiguer un soutien financier pendant trois mois.

Des nouvelles plus détaillées de ce projet seront bientôt données.

3) La NEST, faculté de théologie protestante, avait été durement touché à tous les étages de son grand bâtiment (cf. article du mois d’août). Heureusement le soutien international a là-aussi été rapide : les promesses de don vont couvrir les besoins en réparation. Des bénévoles ont nettoyé et des protections temporaires ont remplacé portes et fenêtres détruites dans un premier temps puis les travaux ont commencé. Le président de la NEST, le professeur Georges Sabra, nous a averti dès la fin août qu’il fallait diriger les fonds en priorité vers les actions de solidarité des Eglises et que la NEST était tirée d’affaire de son côté.